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Mes observations et analyses

Ce blog traite de l'analyse des faits sociaux que nous observons au quotidien dans notre entourage

L'engagement politique des femmes au Cameroun

L'engagement politique des femmes au Cameroun

TABLE DES MATIERES

I. DEFINITION DU PROBLEME DE RECHERCHE.. 2

II. REVUE DE LA LITTERATURE.. 3

1. L’engagement politique : une affaire difficile pour les femmes, Carroll MADIYA, 25 mars 2014, 7sur7 RDCongo. 3

2. Obstacles à l’engagement politique des femmes et résistances masculines aux changements, Anne-Marie RIEU, Colloque international : « Les ‘études genre’ : Enjeux scientifiques et effets sociaux », 6-8 JUILLET 2006, université de Toulouse. 4

III. QUESTIONS DE LA RECHERCHE.. 6

1. Question centrale de la recherche. 6

2. Questions spécifiques de la recherche. 6

IV. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE.. 7

1. Objectif général de la recherche. 7

2. Objectifs spécifiques de la recherche. 7

V. HYPOTHESE GENERALE DE LA RECHERCHE.. 8

1. Hypothèse générale de la recherche. 8

2. Hypothèses spécifiques de la recherche. 8

VI. DEFINITION DES CONCEPTS CLES. 9

1. Engagement. 9

2. Politique. 9

3. Engagement politique. 10

4. Femme. 10

VII. APPROCHES THEORIQUES. 12

1. Le structuro-fonctionnalisme de Talcott PARSONS. 12

2. Constructivisme social ou socioconstructivisme de Peter L. BERGER et Thomas LUCKMANN 13

3. Constructivisme structuraliste de Pierre BOURDIEU.. 13

VIII. DEFINITION DE LA METHODOLOGIE.. 15

1. Zone d’enquête. 15

2. Population d’étude et technique d’échantillonnage. 15

3. Guide d’entretien. 15

4. Questionnaire. 17

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES. 21

  1. DEFINITION DU PROBLEME DE RECHERCHE

Dans une perspective générale, les mouvements féministes impulsés dès les années 60-70 et ayant pour but l’autonomisation et la libération de la femme de son rôle régalien de « cadette sociale » aux dires de Jean François BAYART (2015), semblent avoir eu un impact négligeable sur les conditions de vie sociale, économique et surtout politique de la femme. En effet, au-delà de tout le dispositif légal (les nombreuses déclarations, lois et décrets), morale et rationnel (sensibilisations et éveil de conscience), mis sur pied afin de réduire les violences faites aux femmes et ainsi revaloriser le sexe féminin, force est de constater que la sphère politique, instance de prise de décision d’intérêt public, reste et demeure significativement dominé par les hommes. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à Pierre BOURDIEU (1998) que nous vivons dans un monde social organisé par un principe de vision androcentrique. En effet, l’accès des femmes à certains postes de responsabilités demeure un problème au Cameroun. C’est simplement dire qu’on a aucune femme gouverneur de région, seulement 4 sous-préfets de sexe féminin sur 360 arrondissements, 7 femmes sur 60 ministres et assimilés, 20 sénatrices sur 100 sénateurs etc… (cf. rapport gouvernemental initié par le ministère de la promotion de la femme et de la famille, en mars 2012).

Ainsi, au regard de la scène politique camerounaise, l’on observe une sous-représentation politique des femmes, qui est très souvent mise sur le compte d’une résistance du champ politique à la féminisation. C’est dire que, malgré la poussée démocratique des années 90, qui instaure un environnement socio politique propice à une participation ou à un engagement politique de tous les camerounais (sans distinction de sexe), offrant ainsi l’occasion aux femmes de s’insérer dans l’arène politique, l’on remarque tout même une réticence à s’y engager. De plus, bien que constituant une majorité sociologique, elles représentent une minorité au sein du « marché politique ». C’est dans un tel conteste que se justifie l’instauration de cette étude qui se propose de comprendre pourquoi dans un conteste de liberté démocratique, les femmes hésitent à s’engager en politique au Cameroun.

  1. REVUE DE LA LITTERATURE

C’est ici l’occasion pour nous d’énoncer un ensemble d’étude qui sans toutefois résoudre notre problème d’étude, ont tout de même délimité ses contours.

  1. L’engagement politique : une affaire difficile pour les femmes, Carroll MADIYA, 25 mars 2014, 7sur7 RDCongo

Si un sexisme est bien repérable, l’explication de ce phénomène tient surtout à la persistance de représentations sociales très largement diffusées, et qui rendent l’engagement politique au féminin difficile à penser et à admettre pour nombre des citoyens l’image de la femme comme pivot de l’espace domestique, et plus encore l’image de la politique comme une activité virile. Des raisons variées peuvent être avancées. On peut ainsi invoquer des facteurs historiques (la façon femmes pour l’engagement public), des facteurs politiques (le fonctionnement partisan). Mais plus fondamentalement, on constate aujourd’hui encore, dans l’esprit d’une majorité de citoyens et d’acteurs politiques des deux sexes, la prégnance de représentations sociales qui sont largement antagonistes avec l’engagement politique au féminin.

Il s’agit d’abord des représentations concernant les rôles de sexe. L’idée selon laquelle c’est, en priorité à la femme de s’occuper de l’espace domestique et des enfants, est loin d’avoir disparu. Pour faire carrière en politique, les femmes doivent, bien davantage que les hommes, pouvoir faire la preuve de leurs bons états de service familiaux, ce qui restreint l’éventail de leurs possibilités. En second lieu, le champ politique reste très largement pensé comme un univers viril. Pour ces deux raisons, la présence massive des femmes dans le champ politique, à parité avec les hommes, est difficilement acceptable, voire pensable, du moins à des niveaux élevés de la hiérarchie. Ces représentations sociales s’expriment au sein du personnel politique via des discours et des slogans sexistes, parfois tenus en public (en particulier lors des campagnes électorales). En outre, elles se traduisent par une marginalisation tangible des femmes politiques: même si c’est moins net dans le contexte paritaire actuel, les partis sont en général assez réticents à leur accorder des investitures et des postes éminents (présidences d’assemblées, ministères etc.). Tous ces éléments incitent à poser le diagnostic d’un champ politique sexiste et travaillant à exclure les femmes. Cependant, la réticence d’une forte proportion de dirigeants partisans, d’élus, de militants, mais aussi de citoyens, à envisager la présence massive des femmes en politique, tient en fait à des représentations plus générales très profondément ancrées dans les esprits.

Cet article de Carroll MADIYA nous permet certes de déblayer le sujet autour des questions de l’engagement politique des femmes mais de manière générale et non pas spécifiquement au Cameroun. C’est dont ici l’occasion pour nous de dégager des indicateurs propres au Cameroun, et permettant de comprendre, d’expliquer ou de mesurer l’engagement politique des femmes au Cameroun.

  1. Obstacles à l’engagement politique des femmes et résistances masculines aux changements, Anne-Marie RIEU, Colloque international : « Les ‘études genre’ : Enjeux scientifiques et effets sociaux », 6-8 JUILLET 2006, université de Toulouse

Toutes les recherches qui traitent des trajectoires d’engagement des femmes en politique où dans le syndicalisme se trouvent confrontés à la question des obstacles, des freins, des résistances. Concepts qui nécessitent d’être réinterrogé à la lumière de la problématique du genre. Ainsi, les femmes peuvent faire face à :

  • une socialisation sexuée

Qui ne situe pas d’emblée les femmes dans l’espace public. Par ailleurs, les femmes sont moins souvent que les hommes inscrites dans des lignées politiques et ont « une moindre hérédité politique familiale », elles n’ont pas de réseaux propres. Du coup, le milieu politique leur paraît un milieu hostile et elles développent par rapport à lui une mauvaise estime de soi, un sentiment d’incapacité, voire du stress et de l’anxiété.

  • Impact de la division sexuée du travail sur le droit à la citoyenneté.

Elles doivent gérer le cumul des tâches du privé et du public souvent seules et doivent imaginer des solutions individuelles bricolées. Annie Rieu parlent d’assignation domestique.

  • Les insuffisances d’un statut de l’élu pénalisent particulièrement les femmes et les catégories salariées. La question de la disponibilité reste posée.
  • Le cumul des mandats qui aboutit à une confiscation des postes au détriment des femmes.
  • Tensions dans les rapports des femmes aux places et rôles de pouvoir dans la vie politique locale.

Les femmes ont une grande méfiance par rapport au système, aussi elles développent un discours différencié (façons de faire de la politique différemment). Se considérant comme « des intérimaires » dans la place occupée elles ont des attitudes ambiguës, par exemple sur les mesures de discrimination positive.

  • Illégitimité du genre féminin à représenter l’universel. La distribution des postes entre frères, entre hommes contribue à exclure les femmes
  • Permanence du sexisme ordinaire qui peut porter atteinte à l’intégrité morale et à la dignité des femmes.

Cet article d’Anne-Marie RIEU a le mérite d’identifier des obstacles à la participation et à l’engagement politique des femmes. Cependant, il reste tout même à savoir si ces obstacles sont également perceptibles dans l’espace politique camerounais.

  1. QUESTIONS DE LA RECHERCHE

Une question est une demande ou encore une interrogation. Ainsi, la question de recherche constitue la préoccupation centrale autour de laquelle tournera notre recherche. C’est dire l’élément qui met en exergue notre désir de comprendre le problème qui fait l’objet de notre étude. Pour cette étude, nous distinguons deux formes de question de recherche :

  1. Question centrale de la recherche

Notre question de recherche est formulé de la manière suivante : comment expliquer le désintéressement des femmes face à la politique dans un conteste en proie aux libertés démocratiques ?

  1. Questions spécifiques de la recherche

Afin d’obtenir nos questions secondaires, nous avons subdivisé notre question centrale en trois. A cet effet, il sera spécifiquement question pour nous de trouver des esquisses de réponses aux préoccupations suivantes :

  • Pour quelle raison certaine femmes, mieux que d’autres, s’engagent en politique au Cameroun ?
  • Quelle est la place de la femme dans la politique au Cameroun ?
  • Quelles sont les difficultés liées à l’engagement politique des femmes au Cameroun ?
  1. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

L’objectif peur être défini comme un but à atteindre. C’est-à-dire une fin visée ou encore ce vers quoi on tend. Ainsi, tout au long de notre recherche, il sera question pour nous d’atteindre deux types d’objectifs :

  1. Objectif général de la recherche

Le but principal de cette recherche sera de montrer en quoi l’engagement politique des femmes au Cameroun est fonction de l’organisation sociale.

  1. Objectifs spécifiques de la recherche

Afin de mener à bout cette recherche, nous atteindrons trois objectifs spécifiques à savoir :

  • identifier les facteurs explicatifs de l’engagent politique des femmes au Cameroun ;
  • examiner le rôle de la femme en politique au Cameroun ;
  • analyser les difficultés liées à l’engagement politique de la femme au Cameroun.
  1. HYPOTHESE GENERALE DE LA RECHERCHE

L’on entend par hypothèse une affirmation provisoirement suggérée comme explication ou résolution d’un problème. C’est dire qu’elle sert à engager une réflexion ou à s’orienter vers des informations plus ou moins précises. Dans le cadre de cette étude, nous distinguerons deux types d’hypothèses à savoir :

  1. Hypothèse générale de la recherche

Notre hypothèse générale est formulée de la manière suivante : l’engagement politique des femmes au Cameroun est fonction de l’organisation sociale de la société.

  1. Hypothèses spécifiques de la recherche

Nous avons identifié trois hypothèses à savoir :

  • au Cameroun, l’engagement politique des femmes est fonction de leur culture politique et de leur niveau d’instruction ;
  • la femme occupe en politique des fonctions moins importantes que celles des hommes ;
  • l’engagement politique de la femme camerounaise est obstrué par des mœurs sexistes.
  1. DEFINITION DES CONCEPTS CLES

Nous avons identifié quatre concepts

  1. Engagement

Selon André MALRAUX (2010), l'engagement peut être entendu au sens d’une « conduite » ou au sens d'« acte de décision ». En tant que conduite, il désigne un mode d'existence par lequel l'individu est impliqué activement dans le cours des activités du monde auquel il appartient. Or, sous l’autre formulation, il désigne un acte par lequel l'individu se lie lui-même dans son être futur, à propos soit de certaines démarches à accomplir, soit d'une forme d'activité, soit même de sa propre vie.

L'engagement qui nous concerne est d’avantage une conduite, c’est dire un type d'attitude qui consiste à assumer activement une situation, un état de choses, une entreprise, une action en cours. Elle s'oppose aux attitudes de retrait, d'indifférence, de non-participation. Elle doit, bien entendu, se traduire par des actes, mais, en tant que conduite. Elle ne s'identifie à aucun acte particulier, elle est plutôt un style d'existence, une façon de se rapporter aux événements, aux autres, à soi-même. Elle doit dont de l’avis de MALRAUX (2010) comporter trois caractéristiques essentielles : l'implication, la responsabilité, le rapport à l'avenir. L’engagement devient dont une forme de relation sociale s’établissant entre l’acteur qui désir s’engagé et la sphère avec laquelle il s’engage. C’est d’ailleurs ce sens que nous conférons à l’engagement, ou tout du moins à l’engagement politique. Qui apparait ici comme une attitude qui consiste à intervenir dans la vie de la société. Il s'agit d'un mode de vie, d'une manière de voir l'existence et qui permet de participer à sa manière à la prise de décision d’intérêt général voir à la gestion des affaires de la société à laquelle l’on appartient.

  1. Politique

Le mot politique vient de « polis » qui signifie cité ou ville ; de « politia » qui signifie Etat, constitution, régime politique, citoyenneté et de « politika » qui veut dire chose politique ou civile. D’après le dictionnaire Larousse (2008 : 326), la politique est « la science et l’art de gouverner un Etat ». Cette conception de la politique est assez restrictive car elle réduit la politique au seul cadre de l’Etat, or le pouvoir s’exerce dans toute organisation sociale, même la plus microscopique. C’est ainsi que le pouvoir est présent dans le cadre de l’Etat, mais aussi dans les entreprises, les partis politiques, les syndicats, la famille etc… . André HAURIOU (1966) ne s’en éloignait pas lorsqu’il remarquait que « l’Etat n’est pas la seule société dans laquelle les hommes se trouvent engagés. Il existe des quantités d’association, de club, de parti politique, de syndicat, d’église ou de groupe à l’intérieur desquels des phénomènes de conduites d’hommes se produisent. Phénomènes qui ont à la suite un caractère coercitif au sens large du terme ».

La conception anglo-saxonne est plus précise quant à la définition de la politique. En effet, elle la subdivise en trois. Tout d’abord « polity » qui renvoi à l’ensemble du personnel politique d’une sphère donnée. En suite « politiks » qui fait allusion à toutes les actions qui sont menées dans le cadre d’une compétition pour la conquête, l’exercice et le maintien du pouvoir. En fin « polici » qui est l’ensemble des décisions prises dans le but de résoudre un ensemble de problèmes d’intérêt commun. C’est cette dernière conception que nous retiendrons pour cette étude car elle permet de montrer de désir des femmes à s’insérer dans la sphère de prise de décision.

  1. Engagement politique

D’après GUILLOT Philippe (2004), cette expression est ambigüe et d'ailleurs peu utilisée dans les manuels et les ouvrages de science politique. Au sens commun, l'engagement correspond à une promesse à ou une convention, morale ou formelle. Ainsi, on s'engage à faire quelque chose, à agir. Dans un sens plus large et de plus en plus répandu, comme le mentionne le petit Larousse (2008 :146), l’engagement renvoi à : «prendre publiquement position sur des problèmes sociaux, politique [de son époque]». L’engagement politique revers dès lors un caractère individuel et volontaire en faveur d’une action dont les retombés pourraient être sur le plan local, national, international, bref individuel et ou collectif.

Tout au cours de cette étude, il sera question de l’engagement de la femme. C’est-à-dire de son désir individuel et volontaire à s’insérer dans la sphère politique ou dans les hautes instances de décision de la société à laquelle elle appartient.

  1. Femme

Percer le mystère de la femme est une chose ambigüe. Quoi de plus objectif que la science pour déterminer ce qu’est une femme. La question "Qu'est-ce qu'une femme?" ne peut se clore facilement. Dire que la femme est différente de l'homme permet certes d'éloigner la querelle de différenciation des deux sexes, mais ne résout pas la question que nous posons. Pendant des siècles cette question a pu trouver une réponse du côté de la maternité: être femme c'est être mère. Ou bien on rangeait cette question sous une loi qui la subsumait à « être une femme c'est être épouse ».

Dans le monde scientifique, de nombreuses disciplines ont conféré une définition propice à la femme. Ainsi en biologie la femme serait celle qui a cette taille inférieure à celle de l’homme, un torse très étroit et un crane inférieur à celui des hommes d’où son incapacité a réalisé un certain nombre de chose. Elle est celle qui a un bassin plus développe apte ou prédispose a l’enfantement. En psychanalyse, la femme, est plutôt considérée comme une bannière sous laquelle un être humain choisit de se ranger. Dans ce sens être femme est une question de choix et non une détermination naturelle. Tout personne est donc libre d’appartenir au sexe qu’il désirs. La religion quant à elle lui confère une autre signification. En effet, pour les chrétiens le mot femme vient du terme hébreu «isha » parce que tirée l’homme, « ish ». La femme porte une image commune à celle de l’homme et partage un même devoir commun. Elle est complémentaire à l’homme et une aide pour lui. Elle devrait former un seul corps avec l’homme. Mais elle est celle qui doit se soumettre et ne jamais prendre le devant face à un homme. A ceci PAUL de tarse déclare dans 1timothee2 :11-12 : « que la femme s’instruise paisiblement, dans une entière soumission. Je ne lui permets pas d’enseigner et de dominer sur l’homme… » Selon proverbe31, elle est celle qui s’est prendre soins de son ménage, sa famille, et combler son mari, mais aussi, une entrepreneuse. Alors la femme n’est pas seulement celle qui doit rester en arrière mais est très capitale pour l’épanouissement de l’homme et dans la réussite de ses entreprises.

De toutes ces définitions, la conception de la femme qui se rapproche la mieux de notre Objet d’étude est celle qui conçoit la femme comme un construit social. Cet être considéré comme « sexe faible », maternelle, inferieure a l’homme et donc incapable de s’insérer dans la sphère politique. Car être femme, ce n’est pas seulement porter en soi des caractéristiques physiologiques propre au sexe féminin, mais c’est également extérioriser les caractéristiques socio culturelles reconnues à la femme au sein de la société à laquelle l’on appartient.

  1. APPROCHES THEORIQUES

C’est ici l’occasion pour nous de définir un ensemble d’approches théoriques qui, à travers leur postulat ou concept, nous permettent de mieux saisir notre objet d’étude. A cet effet, nous avons identifié quatre approches théoriques à savoir :

  1. Le structuro-fonctionnalisme de Talcott PARSONS

La notion de fonction a une place centrale dans la sociologie de Parsons. Ainsi, si elle est connue sous le nom de « structuro-fonctionnalisme », PARSONS (1951) lui préfèrera généralement le nom de « fonctionnalisme systémique », car sous cette forme, elle lui permet de mieux analyser le fonctionnement des sociétés. Le structuro-fonctionnalisme est un mouvement intellectuel rattaché à l'étude des organisations. Il met l'accent sur le jeu des structures informelles et les dysfonctionnements qui peuvent en résulter. Ce mouvement est évidemment lié aux notions de fonctionnalisme et d’holisme. Traditionnellement on le subdivise en trois temps : tout d’abord il met en valeur une théorie de l’action ; ensuite il décrit les fonctions de base d’un système social ; et enfin il généralise son analyse à plusieurs domaines sociaux et sur le plan historique.

Il décrit les organisations comme des sous-systèmes d'un système social environnant, global. Chaque organisation reproduisant ainsi une structure sociale commune et se distinguant de ses voisines par les fonctions qu'elle met en œuvre. A cet effet, PARSONS (1951) distingue spécifiquement quatre fonctions générales que toutes organisations assurent :

  • la reproduction des normes et des valeurs (par laquelle elle guide l'action de ses membres),
  • l'adaptation (par laquelle elle mobilise des ressources en vue d'objectifs),
  • l'exécution (par laquelle elle mène la réalisation des objectifs) et
  • l'intégration (par laquelle elle harmonise ses propres éléments internes)

Concernant notre étude, cette théorie nous sera d’une importance capitale dans la compréhension des mécanismes de conditionnement de la femme. Ainsi, nous envisagerons la société comme un système concourant au façonnement de l’identité sociale de la femme et dont à la détermination de son statut social. Le but étant de concevoir la société comme un système englobant, utilisant des procédures bien précises afin de faire intérioriser à la femme une identité sociale qui lui est propre et qui déterminera plus tard sa fonction sociale. En effet, l’approche théorique de PARSONS (1951) a le mérite de nous permettre d’envisager deux perspectives : d'une part, analyser au Cameroun l'engagement ou le désengagement de la femme en politique et montrer comment il est structurée et régulée par le système ou par la société; et d'autre part, montrer comment au Cameroun l’engagement politique de la femme est organisé en mobilisant une multitude d'actions ou de sous-systèmes.

  1. Constructivisme social ou socioconstructivisme de Peter L. BERGER et Thomas LUCKMANN

Tout comme pour PIAGET (1967) dans le constructivisme épistémologique, le socioconstructivisme postule que la connaissance est une construction. Néanmoins, cette construction est d'ordre social et non individuel. BERGER et LUCKMANN (1966) soulignent ici l'importance de l'interaction sociale dans le développement de la connaissance. Ainsi, la connaissance est perçue comme étant une construction qui, bien qu’étant personnelle, s'effectue dans un cadre social bien précis. Les informations sont dont en lien avec le milieu social, le contexte et proviennent à la fois de ce que l'on pense et de ce que les autres apportent comme interactions. Elle devient dont la résultante d'une confrontation de points de vue.

Faire recours au constructivisme social dans cette étude, c’est envisage la réalité sociale, les phénomènes sociaux, bref l’engagement politique de la femme au Cameroun comme étant un « construit social ». C’est dire une réalité créée, objectivée ou institutionnalisés et, par la suite, transformés en traditions. Ce qui veut dire que le genre est socialement construit, et ne saurait aujourd’hui être considéré exclusivement comme un résultat inévitable de la biologie. Car il dépend également de nombreux mécanismes sociaux. La conception biologique du genre devient dont limitée. D’où la nécessité de nous focaliser sur la description de la manière dont se construis la socialisation de la femme au Cameroun afin de mieux cerner sa carrière politique, les raisons pour lesquelles elle s’engage en politique, la place qu’elle y occupe et les éventuels obstacles à son engagement politique.

  1. Constructivisme structuraliste de Pierre BOURDIEU

Le constructivisme est une théorie sociologique qui appréhende la réalité sociale à travers les constructions historiques et quotidiennes des acteurs individuels et collectifs. Le constructivisme structuraliste de Pierre BOURDIEU permet d’inscrire la thématique de l’engagement politique des femmes au Cameroun à travers les concepts de « champ » qui est l’espace politique camerounais dans lequel se déploient les femmes, et celui d’ « habitus » qui selon Norbert ELIAS (1983) est une emprunte sociale qui s’opère ici comme des mœurs sexistes qui sont une fabrique sociale inscrite dans la matrice structurale camerounaise mettant la femme au second plan dans la sphère publique et plus précisément la scène politique

  1. DEFINITION DE LA METHODOLOGIE
  1. Zone d’enquête

Institué “l’engagement politique des femmes au Cameroun“, notre thème d’étude nous impose comme champ spatial le Cameroun. C’est dire le territoire camerounais tout entier, soit dix régions.

  1. Population d’étude et technique d’échantillonnage

La population cible de cette étude sera constituée de toutes les femmes du Cameroun. Quant au choix de la population accessible, nous avons opté pour la technique d’échantillonnage stratifiée. Elle nous permettra de garantir une meilleure représentativité sociale de notre échantillon. Le but étant de réunir dans notre échantillon toutes les composantes sociales du Cameroun. Ainsi, l’on se limitera à cinq cent enquêtés, soit cinquante par région.

  1. Guide d’entretien

Nous sommes des étudiants de sociologie 4 à l’université de Dschang. Dans le cadre de notre programme de formation, il nous a été demandé de travailler sur le thème : « l’engagement politique des femmes au Cameroun ». De ce fait, nous souhaiterons discuter avec vous, question de partager vos opinions et expériences sur ce thème. Avant de débuter, soyez assurer que nous apprécierons toutes les informations que vous allez nous donner dans la neutralité la plus absolue. Sur ce, n’ayez pas peur de dire tout ce que vous pensez et ressentez. Sachez également que si vous le souhaitez, tout ce que vous allez nous dire sera maintenu sous l’anonymat. Cependant, il nous sera difficile de noter tout ce que vous allez nous dire, ainsi, nous souhaitons enregistrer la conversation. Etes-vous d’accord ?

Section 1 : Identification de l’enquêté

  1. De quelle région du Cameroun êtes-vous originaire ?
  2. Quelle est votre situation matrimoniale ?
  3. Quel est votre niveau d’étude ?
  4. Quelle est votre profession ?
  5. Quelle est votre ethnie ?
  6. Quelle est votre religion ?

Section 2 : Perception et raison de l’engagement politique des femmes au Cameroun

  1. Qu’entendez-vous par engagement politique ?
  2. A quoi reconnait-on l’engagement politique ?
  3. Quel(s) type(s) de comportement(s) ou attitude(s) relève(nt) selon vous de l’engagement politique ?
  4. Pouvez-vous vous définir comme une femme politiquement engagée ? Pourquoi ?
  5. Pourquoi une femme s’engage-t-elle en politique ?
  6. Existe-il d’autres raisons qui expliqueraient l’engagement politique des femmes ? Pourquoi ?/ Lesquelles ?
  7. Pourquoi certaines femmes décident-elles délibérément de ne pas s’intéresser aux affaires politiques ?

Section 3 : Rôle et statut de la femme en politique au Cameroun

  1. Qu’entendez-vous par évènement politique ?
  2. Quel(s) évènement(s) selon vous peut (peuvent) être qualifié(s) de politique(s) ?
  3. A quel(s) évènement(s) politique(s) avez-vous déjà assisté ou participé ?
  4. Quelle était la proportion de femmes qui s’y trouvaient ?
  5. Quel(s) rôle(s) occupaient ses femmes ?
  6. Les femmes y occupaient-elles des fonctions plus importantes que celles des hommes ?
  7. Quelle est votre place dans le jeu politique camerounais ?
  8. Comment se traduit votre engagement politique ?
  9. Quel rôle aimeriez-vous jouer en politique ?

Section 4 : Difficultés liées à l’engagement politique des femmes au Cameroun

  1. Pourquoi certaines femmes hésitent-elles à s’engager en politique ?
  2. Quels sont selon vous les obstacles à l’engagement politique des femmes ?
  3. Quelles sont vos attentes des acteurs politiques en faveur d’un meilleur engagement politique des femmes au Cameroun ?
  4. A votre avis, que devraient faire les femmes afin d’améliorer leur engagement politique au Cameroun ?
  5. Souhaitez-vous ajouter quelque chose concernant notre thème? Si oui quoi ?
  1. Questionnaire

Préambule: Nous sommes des étudiants de sociologie 4 à l’université de Dschang. Dans le cadre de notre programme de formation, il nous a été demandé de travailler sur le thème : « l’engagement politique des femmes au Cameroun ». De ce fait, nous sollicitons votre contribution qui est indispensable à l’achèvement de notre travail. Celle-ci consiste à remplir avec le plus d’objectivité ce questionnaire. Vous cocherez les cases qui vous conviennent et ajouter d’autres informations si vous le jugez nécessaires. Avant de débuter, soyez assurer que nous apprécierons toutes les informations que vous allez nous donner dans la neutralité la plus absolue.

Section 1 : caractéristique sociodémographique de l’enquêté

  1. Quelle est votre région d’origine ?
  1. Extrême nord
  2. Nord
  3. Adamaoua
  4. Est
  5. Centre
  6. Littoral
  7. Sud
  8. Sud-ouest
  9. Ouest
  10. Nord-ouest
  1. Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous ?
  1. [20-25]
  2. [26-30]
  3. [31-35]
  4. [36 et plus]
  1. Quel est votre niveau d’instruction ?
  1. Primaire
  2. Secondaire
  3. Supérieur
  4. Autre à précise…………………………………………………….
  1. Quelle est votre situation professionnelle ?
  1. Employeuse
  2. Employée
  3. Sans emploi
  4. Autre à préciser………………… …………………………………..
  1. Quelle est votre situation matrimoniale ?
  1. Mariée
  2. Célibataire
  3. Divorcée

Section 2 : facteurs explicatifs de l’engagement politique des femmes

  1. Quel parti politique affectionnez-vous ?
  1. RDPC
  2. SDF
  3. UDC
  4. MDR
  5. UPC
  6. FSNC
  7. CPP
  8. Autre à préciser…………………...................................
  1. Auprès de quel parti politique êtes-vous politiquement engagé ?
  1. RDPC
  2. SDF
  3. UDC
  4. MDR
  5. UPC
  6. FSNC
  7. CPP
  8. Autre à préciser…………………...................................
  1. Pour quelle raison vous vous engagé vous en politique ?
  1. par affinité
  2. par intérêt personnel
  3. programme politique attrayant
  4. Par désir d’ascension sociale
  5. Par désir d’ascension professionnelle
  6. Autre à préciser…………………………………………

Si vous avez choisi par intérêt personnel, veuillez préciser lequel .......................................

………………………………………………………………………………….

Section 3 : Statuts et rôles des femmes dans la sphère politique

  1. Quel est votre rôle au sein de la scène politique camerounaise ?
  1. Electeur
  2. Membre d’un parti politique
  3. Acteur politique
  4. Autre à préciser…………………………………………………
  1. Quel est votre rôle au sein du parti politique que vous affectionnes ?
  1. Leader
  2. Membre
  3. Adhérant
  4. Sympathisante
  5. Militante
  6. Autre à préciser ………………………………………………

Section 4 : obstacles liés à l’épanouissement des femmes en politique

  1. Ya –t-il un quelconque conflit entre les hommes et vous en politique?
  1. Oui
  2. Non

Si oui le quel …………………………………………………………………

  1. Quelles difficultés rencontrez-vous en politique ?
  1. La réticence des hommes
  2. La stigmatisation
  3. L’existence de normes sexistes
  4. La dévalorisation de la femme
  5. La prédominance des hommes
  6. Autre à préciser ………………………………………………………….

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

  • BAYART Jean François, Genre et citoyenneté, février 2015
  • BERGER Peter et LUCKMANN Thomas, The Social Construction of Reality, New York, Doubleday, 1966
  • BOURDIEU Pierre, La domination masculine, Paris, Seuil, 1998
  • ELIAS Norbert, Engagement et distanciation : contribution à la sociologie de la connaissance, Berlin, Fayard, 1983,
  • GUILLOT Philippe, Politique et pouvoirs, in Sociologie, Paris, 2004
  • HAURIOU André, Droit constitutionnel et institutions politiques, Paris, Editions Montchrestien, 1966
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