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Mes observations et analyses

Ce blog traite de l'analyse des faits sociaux que nous observons au quotidien dans notre entourage

Les grandes lignes de Le prince de MACHIAVEL Nicolas (lLibrio, France, 1432)

Les grandes lignes de Le prince de MACHIAVEL Nicolas (lLibrio, France, 1432)

Plan

Introduction

  1. Mécanismes d’acquisition du pouvoir
  1. De la différence qui se trouve entre les Etats qui obéissent à des princes ; et quels sont les différents moyens d’en prendre possession.
  2. b. Souverainetés héréditaires.
  3. Souverainetés composées.
  4. Pourquoi le royaume de DARIUS, conquit par Alexandre ne se souleva point contre ses successeurs après sa mort.
  1. Gouvernance des principautés.
  1. De quelle manière il faut gouverner les villes ou les principautés qui étaient libres avant qu’on les eut conquises.
  2. .De nouvelles conquêtes qu’on fait par ses propres valeurs et ses propres armes
  1. Différents types de principautés.
  1. .Des principautés nouvelles que l’on acquiert par des forces étrangères et par la fortune.
  2. De ceux qui par leurs crimes se sont élever à la souveraineté.
  3. De la principauté civile.
  4. Comment il faut s’y prendre pour bien juger de la force d’un Etat.
  5. Des principautés ecclésiastiques
  1. La force d’un Etat.
  1. Des différentes espèces de milice et de soldats mercenaires.
  2. Des soldats auxiliaires, mixtes ou nationaux.
  3. Touchant ce qui regarde le prince par rapport à la milice.
  1. La gestion d’un Etat.
  1. De ce qui rend les hommes, et surtout les princes, dignes de louanges ou de blâme.
  2. De la libéralité et de l’avarice.
  3. De la cruauté et de la démence ; et s’il est plus avantageux il un prince d’être craint ou aimé.
  4. De quelle manière les princes doivent garder la foi jurée.
  5. Qu’il faut éviter la haine et le mépris.
  6. Si les forteresses et beaucoup d’autres choses coutumières aux princes, sont utiles ou préjudiciables.
  7. Comment se doit gouverner un prince pour acquérir de la réputation.
  8. Touchant les ministres de prince.
  9. Comment il faut fuir les flatteurs.
  10. Pourquoi les princes d’Italie ont perdu leurs l’Etats.
  11. Ce que peut la fortune dans les choses humaines et par quel moyen on peut lui résister.
  12. Exhortation à libérer l’Italie de l’esclavage des barbares.

Conclusion

Bibliographie.

Introduction

Rédigé en 1513 et dédié à Laurent le Magnifique, le Prince est l’ouvrage le plus célèbre de Nicolas Machiavel (1469-1527), homme d'État, historien et penseur politique italien qui cherchait alors à rentrer en grâce auprès des Médicis. Rompant avec les conceptions politiques médiévales, en justifiant l'action du prince par l'efficacité et non plus par la morale, MACHIAVEL, perçu comme penseur cynique va révolutionner la scène politique toute entière. Connu sous son titre italien, Il Principe, ou son titre original en latin : De Principatibus. Il ne sera publié qu’en 1532, cinq ans après la mort de son auteur. Dans cet ouvrage, MACHIAVEL présente un ensemble d’attributs qui font d’un individu un véritable souverain ou prince, dont nous ferons l’économie.

I. Mécanismes d’acquisition du pouvoir

a. De la différence qui se trouve entre les Etats qui obéissent à des princes : et quels sont les différents moyens d’en prendre possession.

Tous les Etat qui ont connu l’existence d’une royauté ont toujours été gouvernés soit sous la forme d’une république soit sous la forme d’une principauté. Quelque soit le mode d’administration du pouvoir, il n’en demeure pas moins que son acquisition est héréditaire.

b. Des souverainetés héréditaires.

Ce chapitre est le lieu pour MACHIAVEL d’examiner comment on peut gouverner et conserver une principauté. Le pouvoir étant acquit de manière héréditaire, pour se maintenir, le prince ne doit rien innover dans la manière dont ses ancêtres ont conduit le pouvoir. A cette condition, il est assurer de garder le pouvoir jusqu’à sa mort. En fait, ce qui rend un prince si ferme dans un Etat héréditaire, c’est qu’il n’est pas obligé d’établir des nouveautés odieuses pour se maintenir au pouvoir ou pour se faire aimer des populations. Cependant, s’il commet des actes haïssables ou s’il se rend haïssable, alors la population cessera de l’aimer et son règne sera entièrement effacé, tout comme les occasions que cela se reproduit.

c. Des souverainetés composées.

L’on entend par souveraineté composée l’ensemble des besoins des populations de deux nations que le prince devrait satisfaire afin de s’assurer l’approbation du peuple. Ces nations sont constituées de l’Etat hérité par le prince et celui qu’il a conquit. A cet effet, MACHIAVEL souligne que le prince devra compter pour ennemis tous ceux qui ont souffert pour sa conquête et il ne peut conserver l’amitié de ceux qui ont pris son parti parce qu’il n’est pas à son pouvoir de les satisfaire. En effet, son devoir ultime est de satisfaire les besoins fondamentaux de la population. Ainsi, quelque soit la puissance d’un prince il aura toujours besoin de l’appui et de la bonne volonté des habitants d’un pays pour y entrer aisément. C’est pourquoi LOUIS XII, roi de France, conquit et perdu si promptement le duché de Milan.

De plus, afin de conquérir puis conserver un Etat que le prince voudrait ajouter à son ancien domaine, il devrait s’assurer que cette nouvelle conquête parle la même langue ou soit située dans le même pays que son ancien domaine. Il devrait également s’assurer que cette nouvelle conquête ne soit point accoutumée à la liberté. Toutes ses conditions étant réunies, il ne reste plus qu’à éteindre la race de princes qui y régnaient. Puis conserver les anciens droits, lois, impôts, coutumes et privilèges de ses peuples afin qu’ils vivent en paix. Car ils verront que leur maitre n’a rien changé à leurs anciennes conditions d’existence.

d. Pourquoi le royaume de SARIUS, conquit par Alexandre ne se souleva point contre ses successeurs après sa mort.

Il existe fondamentalement deux types de principauté :

  • Celle gouvernée par un seul souverain.

Ici tous les sujets sont des esclaves dont quelque uns sont élevés au rang de ministre par la faveur et la pure grâce du prince, afin de l’aider dans le gouvernement de l’Etat.

  • Celle gouvernée par le prince et autres personnalités.

Ces personnalités sont associées à la gestion du pouvoir, non pas par la faveur du souverain, mais parce qu’ils sont issus d’une certaine lignée qui leur confer le rang de seigneurs et de vaisseaux. De ces deux types de principauté, celle-ci est plus fragile et pourrait plus facilement être conquit par un autre prince que la première.

Quand au royaume de DARIUS, conquit par Alexandre le roi, il ne se souleva pas après sa mort parce qu’il appartient à la première catégorie de principauté. A cet effet, dans tout le pays, il n’avait que lui qui avait l’autorité et quand le peuple obéissait à d’autres gens, il ne les regardait que comme des ministres de leur maitre, chaque habitant était perçu comme esclave. Dans de telles conditions, comment se rebeller à la mort de son monarque ?

II. Gouvernance des principautés.

a. De quelle manière il faut gouverner les villes ou les principautés qui étaient libres avant qu’on les eut conquises?

Trois choses doivent être réalisées lorsqu’un prince s’empare d’un Etat qui était libre :

  • Le détruire entièrement

C’est le seul moyen permettant de conserver un Etat. Car, si on ne le fait pas, les habitants auront toujours le mot liberté comme refuge. Ainsi, il est important pour le prince de les séparer et de dissiper en eux tout sentiment de liberté.

  • Y demeurer personnellement

Afin de les imposer son image, sa personne, l’image du maitre, du chef.

  • Le laisser vivre sous ses lois en établissant l’autorité d’un petit nombre de gens

Ne pouvant subsister que par l’appui du prince, ils emploieront tout leur pouvoir pour maintenir l’image et l’autorité du prince qui les soutient. Cependant, le meilleur moyen de conserver un Etat accoutumé à la liberté est de le faire gouverner par ses propres citoyens.

b. De nouvelles conquêtes qu’on fait par ses propres valeurs et ses propres armes.

La capacité d’un nouveau conquérant à se maintenir à la tète d’un Etat nouvellement assujetti dépend de son mérite. Lequel mérite est généralement fonction soit de ses valeurs, soit de sa fortune. Cependant, force est de constater que les princes qui comptent sur leur fortune sont généralement les moins heureux. Tel fut le cas de MOISE, CYRUSS, ROMILUS, THESEE, et bien d’autres conquérants

III. Différents types de principautés.

a. Des principautés nouvelles que l’on acquiert par des forces étrangères et par la fortune.

Il est possible pour un particulier d’accéder à la position de prince grâce à sa seule fortune ou par la faveur d’un autre. De ce fait, pour y parvenir, il ne rencontrera aucun obstacle. Mais ceux-ci se présenteront à lui dès qu’il exercera le pouvoir. Ainsi, tout d’abord il ignore l’art de régner parce que, à moins d’être un homme extraordinaire, il est difficile pour un particulier de « savoir vivre en prince ». Ensuite, il ne le peut pas parce qu’il n’a pas le soutient, l’amitié et la fidélité de l’entourage d’un prince. Enfin parce que, de même que dans la nature, les plante qui naissent et croissent promptement ne peuvent avoir des racines très profondes, de même, une puissance toute nouvelle ne peut pas non plus avoir des liaisons et des fondement si bien établis qu’elle puisse s’assurer de nette pas renverser à la première tempête. Tel fut le cas du duc de Milan François SFORZA, du maitre de la Remange le duc VALENTINOIS, encore connu sous le nom de Cesare BORGIA.

Le premier fut prince grâce à sa fortune tandis que le second accéda à cette position grâce aux faveurs de son père, la pape de l’époque. Cependant, malgré leur fortune, leur habileté et manigances, tous deux n’ont pas pu se maintenir au pouvoir.

b. De ceux qui par leurs crimes se sont élever à la souveraineté.

Outre le mérite et la fortune, il reste encore un procédé par auquel des particuliers pourraient faire recours afin d’accéder à la posture de prince. Il s’agit de l’imposition du pouvoir absolu grâce à ses crimes et à sa perfidie. Tels fut les ca d’AGATHADE de Sicile qui devient roi de Syracuse, et d’OLIVEROTHO DA FENNO sous le pontificat d’Alexander VI. Afin de se maintenir au pouvoir, ils n’ont pas hésité à assassiner leurs compatriotes, trahir leurs amis, ils n’ont dont ni foie, ni honneur, ni religion. Cependant, par ce procède on peut soumettre des Etats certes, mais on ne peut pas acquérir de la gloire.

De ces deux expériences, MACHIAVEL tire la règle suivent : pour se maintenir au pouvoir, l’usurpateur d’un Etat doit faire tout d’un coup tout le mal, toute la cruauté qu’il croit obligé de faire. Par ce procédé, il ne sera pas contraint d’y revenir tout les jours et il aura le temps et les moyens de mettre en repos l’esprit de ses sujets, car le peuple ressentira de moins en moins sa cruauté. Il ne lui restera plus qu’à gagner son affection par sa protection et ses bienfaits.

c. De la principauté civile.

La principauté civile est une autre manière de parvenir à l’autorité suprême. Elle permet à un bourgeois de la république de devenir prince grâce à la faveur de ses concitoyens et sans employer la violence ni des crimes. Il s’agit pour d’obtenir les faveurs des grands ou du peuple.

Le prince qui reçoit sa légitimité des grands à moins de chances de se maintenir au pouvoir que celui qui reçoit le soutien populaire. Parce que le premier sera entouré des gens qui le verront comme leur égal ainsi, il n’aura pas le pouvoir de les commander comme il la le voudra. Or le prince qui accède au trône grâce au soutien du peuple ne verra presque personne autour de lui qui ne soit soums à ses ordres. De plus, il est difficile de satisfaire les grands sans faire du tort à quelque uns, ce qui ne saurait être possible lorsque le prince reçoit son soutien du peuple.

d. Comment il faut s’y prendre pour bien juger de la force d’un Etat.

Pour juger de la force d’un Etat l’on devrait d’abord savoir si le prince a assez de troupes pour se soutenir lui-même en cas de nécessité. Pour cela, il devra posséder assez de sujets et assez d’argent pour mettre sur pied une armée capable de livrer bataille contre tout ennemi qui viendra attaquer son royaume.

Cependant, pour tout souverain qui n’ose se’ présenter en campagne et qui aurait toujours besoin du secours des autres pour se défendre, il devrait inéluctablement bien fortifier la ville dans laquelle il passe son séjour et abandonner le plat pays. Car qui conque sera fortifier de cette manière et aura conservé l’affection de son peuple ne sera pas exposé. Aussi, qui conque entreprendra de le conquérir ne gagnerait que de la honte parce qu’il lui sera presque impossible de demeurer devant sa ville pendant plus d’une année entière.

e. Des principautés ecclésiastiques

Une principauté ecclésiastique est une principauté possédée par des gens d’église. Les souverains ecclésiastiques sont les seuls qui possèdent des Etat sans être obligés de les défendre et qui ont des sujets qu’ils ne gouvernent pas. Bien que le pays soit sans défense, personne ne l’attaque, de plus, bien qu’on ne s’occupait pas du peuple, il n’en demeure pas moins qu’il aimait leur prince. C’est d’ailleurs ce qui garantit la conservation du pouvoir du souverain. Car la communauté ecclésiastique était considérée comme la courroie de transition entre le peuple et dieu.

IV. La force d’un Etat.

a. Des différentes espèces de milice et de soldats mercenaires.

Un prince a à sa portée de multiples moyens pour défendre son territoire et ainsi assurer la sécurité de ses populations. Il peut recourir à ses propres troupes, à des mercenaires, à des auxiliaires ou encore à tous ses éléments à la fois. Les auxiliaires et les mercenaires sont dangereux et inutile. Car tout Etat qui s’appui sur des forces de telle nature ne seront jamais en sécurité parce qu’elles sont toujours divisées, sans discipline, infidèles, brutales en vers les amis, ne cherchant que ses intérêts propres, lâches avec les ennemis, sans crainte de dieu et sans foie vis-à-vis des hommes. En fait, en temps de paix vous êtes pillés par ses gens là et en temps de guerre, ils vous laissent piller par l’ennemi.

Bien plus, les capitaines des mercenaires sont généralement des personnes de mérite mais on ne peut compter sur eux car étant toujours ambitieux, ils tacheront de s’élever soit en rabaissant celui qu’ils considèrent comme leur maitre, soit en faisant la guerre d’une manière qui ne cadre pas avec ses intentions. Si par contre le capitaine manque de mérite alors il laissera tomber son maitre.

b. Des soldats auxiliaires, mixtes ou nationaux.

Une troupe auxiliaire est une troupe envoyée par un souverain allié afin d’aider à la défense des intérêts d’un Etat. Elle représente également une troupe nuisible qui pourrait déstabiliser un Etat. En fait, elle est bien plus dangereuse que des mercenaires car elle est plus agressive, plus unie et soumise toute entière à l’autorité d’une puissance étrangère. Ce que l’on devrait plus redouter de la part des mercenaires c’est leur lâcheté et de la part des troupes auxiliaires c’est leurs valeurs. De ce fait, un prince devrait se conduire avec prudence et ne devrait jamais se servir de ces sortes de troupes.

c. Touchant ce qui regarde le prince par rapport à la milice.

« un prince ne doit avoir point d’autre objectif, d’autre penser, et ne prendre aucune chose à cœur, si ce n’est l’art de la guerre et les règles et discipline qu’il comporte » ( cf. : Le prince de MACHIAVEL, (1532), Librio, Paris, page 70) tel est le seul devoir d’un prince. En effet, un prince qui ne connait pas l’art de la guerre ne peut être estimé de ses troupes, ni se fier à elle. Il devra maitriser cette règle et l’appliquer de deux manières :

  • Dans le cadre pratique.

Il faut tenir les sujets dans une bonne discipline et les soumettre fréquemment à des exercices. Le prince devra également s’exercer à la chasse et par ce moyen, il endurcira son corps à la fatigue, il apprendra à connaitre la nature des sites puis se rendra habile à juger de la disposition des rivières et des marais. Ceci lui permettra d’acquérir deux avantages :

· Connaitre fort bien la situation de son pays et par quelle manière il est plus aisé de se défendre.

· Etant habituer à juger le pays par la vue, il acquerra une facilité à connaitre ceux qu’il n’aurait jamais vue. Il aura ainsi une infime connaissance de tous ceux et de tout ce qui compose son territoire.

  • Dans le cadre théorique

Il faut qu’un prince lise l’histoire, qu’il réfléchisse sur les actions des grands hommes, qu’il examine ce qu’ils ont fait pendant les grandes guerres, qu’il ressort pourquoi ils ont gagner et pourquoi ils ont perdu telle bataille afin qu’en imitant ce qu’il y a de bon dans leurs conduites, qu’il évite les fautes qu’ils ont fait dans le passé.

V. La gestion d’un Etat.

a. De ce qui rend les hommes, et surtout les princes, dignes de louanges ou de blâme.

C’est l’attitude et surtout le comportement d’un prince qui détermine son admiration ou son rejet des populations. C’est pourquoi, tout prince qui voudrait conserver son Etat doit apprendre à n’être pas toujours bon, mais à user de la bonté selon les circonstances. En fait, il ne devrait pas hésiter à utiliser des moyens néfastes l’optique d’atteindre un but précis. Car en y réfléchissant bien, certains actes vertueux posés par des princes ont généralement entrainé leur ruine, tandis que, d’autres qui paraissent vicieux, leur donneront bien être et sureté.

b. De la libéralité et de l’avarice.

La libéralité est une qualité essentielle pour chaque prince. Cependant, cette qualité pourrait lui être nuisible dans la mesure où il en utiliserait trop au point de ne plus être respecté. En effet, si un prince est trop libéral, alors les nombreux cadeaux qu’il accordera contribueront à consumer toutes ses finances. Ainsi, il sera obligé de chercher des occasions de confisquer les bien des populations et d’en venir à des moyens indignes afin de remplir ses coffres. Autant de gestes qui le rendra odieux aux yeux de son peuple et méprisable aux yeux de tout le monde.

Dire d’un prince qu’il est libéral, c’est dire qu’il est réservé à l’égard des populations et qu’il les laissera la paisible possession de leurs biens. C’est également dire que malgré ses minimes dépenses, il fait des économies pour magasiner assez de ressources afin qu’il puisse défendre son territoire ou faire la guerre sans surcharger ses sujets.

c. De la cruauté et de la démence ; et s’il est plus avantageux il un prince d’être craint ou aimé.

Il vaudrait mieux qu’un prince passe pour clément plutôt que sévère. Cependant, il devrait éviter de faire un mauvais usage de cette clémence. C’est simplement dire qu’il serait souhaitable pour un prince d’être craint plutôt que aimé car l’homme est ingrat. En effet, pendant que vous lui faites du bien, il se donne entièrement à vous, il vous aime, mais dès que les problèmes surviennent, il change d’attitudes. De plus, l’homme déteste offenser celui qu’il craint contrairement à celui qu’il aime car la crainte est basée sur la peur du châtiment.

Cependant, la crainte dont il est question n’est pas synonyme de haine. Car un prince doit se faire craindre de tel en sorte qu’il ne soit point haï quand bien même il n’est pas aimé. Pour ce faire, il laissera les sujets posséder leur bien et leur femmes, s’il est obligé de répandre du sang, qu’il en vienne jamais là sans véritables causes, ni preuves matérielles ; mais surtout, qu’il ne dépouille jamais personne de son bien, car on oublie beaucoup plus aisément la mort de son père que la perte de sa succession.

d. De quelle manière les princes doivent garder la foi jurée.

Il existe deux manière de combattre les hommes à savoir : par la force et par la loi. Le premier nous vient des bêtes tandis que le second nous vient des hommes. Mais comme cette dernière ne suffit pas toujours, il faut souvent recourir à l’autre. Chaque prince devrait intérioriser puis maitriser ces deux procédés. Concernant les bêtes, il devrait incarner le lion et le renard. Ceci leur donnera la faculté de découvrir les pièges (le renard) puis défaire les loups ( le lion). Par ailleurs, il n’est pas important qu’in prince ait toutes ses qualités, mais il est essentiel qu’il donne l’impression de les avoir.

e. Qu’il faut éviter la haine et le mépris.

Le prince devrait éviter parution tout de sentiment de haine ou de mépris manifesté à son égard, au sein de son royaume. Pour se faire, il devra se soustraire à tout désir de possession des biens et des femmes de ses sujets. Car ci qui expose un prince au mépris de ses sujets c’est lorsqu’il passe pour dangereux, changeant, efféminé, lâche… Bien au contraire, il doit s’efforcer de faire paraitre dans toutes ses actions de la grandeur, du courage et de la force. Quand un prince s’est forgé une telle opinion de lui alors, il est au dessus des attentats de ses voisins et de ses sujets parce que chacun sait qu’il a du mérite et il est respecté chez lui.

f. Si les forteresses et beaucoup d’autres choses coutumières aux princes, sont utiles ou préjudiciables.

Une citadelle est une forteresse protégeant et entourant l’entrée d’une ville. Elle est utile ou dommageable selon les circonstances. En effet, en revisitant l’histoire, il apparait bien de situation ou cela a permis d’empêcher l’entrée des envahisseurs (tel fut le cas du château de la comtesse de Forli quand le comte GILAROMO son mari est mort) tout comme il existe des cas ou elle a été dommageable (tel fut le cas lorsque Cesare BORGIA attaqua la citadelle de la comtesse de Forli).

En ce qui concerne la fortification d’un Etat, le plus important n’est pas la présence ou l’absence d’une citadelle ou d’une forteresse, encore moins sa solidité, mais la confiance que les sujets ont à l’égard du prince. Car tout bon souverain sait qu’il est difficile d’asservir un peuple qui a foi en son prince et quand bien même on les aura conquit, ils admettront jamais l’autorité en place.

g. Comment se doit gouverner un prince pour acquérir de la réputation.

Afin d’acquérir de la réputation, un prince doit se faire admirer par son peuple et par les puissances voisines. Pour cela, il se doit d’être un ami sincère et un véritable ennemi. C’est dire prendre le parti d’un ami contre un ennemi ce qui est bien plus avantageux que de demeurer neutre. Ainsi, en cas de conflit, le prince idéal devrait prendre le partie d’un des protagonistes en présence. Car s’il ne se déclare pas alors il deviendra inéluctablement l’ennemi du vainqueur. De plus, s’il ne prend pas partie alors celui qui aura perdu ne voudra pas d’ami suspect qui ne saurait l’aider dans des moments fâcheux.

h. Touchant les ministres de prince.

Pour un prince, sélectionner ses ministres est une tache ardue car dans bien de situations, ceux-ci contribuent à forger la personnalité et l’image du souverain. Ainsi, dans le choix d’un ministre, un prince devrait prendre uniquement les individus animé par la quête d’intérêts collectifs. Car on ne compter sur les individus animés par la quête d’intérêts personnels et encore moins se fier à eux dans la prise des grandes décisions.

i. Comment il faut fuir les flatteurs.

Afin de fuir les flatteurs, le prince doit instaurer autour de lui une atmosphère de liberté. C’est dire un environnement ou les uns et les autres comprendront qu’ils ne l’offenseront pas en lui disant des vérités. Cependant, oser lui dire des vérités serait immédiatement lui manquer de respect. Afin d’éviter cet inconvénient, le prince choisira un ensemble de personnes qui auront la permission de lui parler sincèrement sur tout ce qu’il leur demandera. Quand au prince, il écoutera leurs avis, prendra des décisions selon sa convenance puis demeurera ferme dans l’exécution de sa volonté.

j. Pourquoi les princes d’Italie ont perdu leurs l’Etats.

En revisitant tous les attributs de prince précédemment évoqués, l’on constate que les princes d’Italie ne pouvaient et ne sauraient se définir comme tel. En fait les raisons qui sou tendent la perte de leurs Etats respectifs sont toutes simples. Premièrement nous avons la constitution de leur milice qui était inadaptée et deuxièmement, les uns étaient hais par leurs peuples tandis que les autres étaient aimés. Autant d’éléments qui ne les ont pas permis de fidéliser leurs sujets. Sans des lacunes de ce genre, tout prince qui aurait assez de nerf pour tenir une armée ne perdrait pas son Etat.

k. Ce que peut la fortune dans les choses humaines et par quel moyen on peut lui résister.

La fortune conduit la moitié de nos actions et elle nous laisse gouverner le reste ou presque. C’est dont dire qu’un prince ne saurait prendre pour appui essentiel sa fortune. Car s’il arrive qu’elle finisse, son règne prendra immédiatement fin. En fait, l’on devrait considérer la fortune comme une femme qu’il faut battre et maltraiter pour la tenir sous sa dépendance. C’est en quelque sorte devenir maitre de l’argent et non son sujet. Pour cela, le règne d’un prince devrait reposée non pas sur sa fortune mais sur la crainte que les sujets éprouvent à son égard.

l. Exhortation à libérer l’Italie de l’esclavage des barbares.

Libérer l’Italie de l’esclavage des barbares, c’est faire appel à de nouveaux modes de gestion, c’est établir de nouvelles règles, de nouvelles lois qui gouverneront les actions des princes et des sujets. Cependant, lorsque ces princes voudront imiter les hommes qui ont été des libérateurs pour leur pays, il faudra avant toute chose qu’ils aient point de troupes que les siennes, car ceux-ci seront fidèles et braves. Cette bravoure sera accentuée lorsque le prince les accompagnera au combat, leurs traitera avec bonté et récompensera leurs services.

Conclusion

En définitive, un prince digne de ce nom devra être non pas gentil ni cruel mais un fi stratège qui ne se laisse pas dicté sa conduite, mais qui agit selon ses désirs, selon le but qu’il s’est fixé, tout en écoutant son entourage. En fait le plus important pour un véritable prince n’est pas l’être mais le paraitre. C’est dire paraitre prudent, clément ; sévère selon que les circonstances l’imposent.

Bibliographie.

  • MACHIAVEL Nicolas, Le prince, Librio, France, 1532, 122 pages
  • Encarta (2010)
  • Larousse (2008)

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